Russie : Qui prendrait la tête de la Russie si Vladimir Poutine venait à mourir maintenant ?

La question est sur toutes les lèvres, alors que les rumeurs sur l’état de santé du président russe s’accumulent.

Si personne n’a officiellement été désigné, deux favoris sont pressentis pour perpétuer la politique actuelle du Kremlin.

Cancer du sang ou de la thyroïde, maladie de Parkinson, démence… Depuis le début de la guerre en Ukraine, chaque jour semble contenir son lot de nouvelles spéculations sur la santé de Vladimir Poutine.

Dernières sorties en date : le dirigeant russe aurait reçu une « assistance médicale d’urgence » après une visioconférence avec des conseillers et des chefs militaires selon The Daily Mail, relayant les informations de la chaîne Telegram General SVR.

Le magazine Paris Match a, de son côté, révélé que, depuis au moins 2019, des agents sont chargés de récolter les excréments du chef du Kremlin lors de ses déplacements à l’étranger, pour empêcher les pays hôtes de les analyser.

Que sait-on de l’état de santé de Vladimir Poutine ?À la fin du mois de mai, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a balayé toutes les rumeurs qui fleurissent lors d’un entretien diffusé sur TF1 :

« Je ne crois pas que quelqu’un qui ait toute sa tête puisse voir chez cet homme des signes d’une maladie ou d’une affection quelconque », soulignant les apparitions quotidiennes du dirigeant.

Mais une question se pose néanmoins : que se passerait-il si Vladimir Poutine venait à mourir ? Qui serait le successeur de Vladimir Poutine à la tête de la Russie ? À la question de son éventuel successeur, Vladimir Poutine avait répliqué en octobre 2021 à la chaîne américaine CNBC : « Je préfère ne pas répondre. Nous attendrons les prochaines élections.

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 » Pour rappel, à la faveur d’une révision constitutionnelle en 2020 qui a remis à zéro son compteur de mandats, Vladimir Poutine peut rester au pouvoir jusqu’en 2036 – il aurait alors entre 83 et 84 ans.Si, entre-temps, Vladimir Poutine doit se retirer ponctuellement de l’exercice du pouvoir, l’article 92 du chapitre 4 de la constitution russe prévoit que l’intérim sera effectué par le Premier ministre.

C’est aussi au Premier ministre de le remplacer dans le cas où le président cesserait « d’exercer ses attributions avant terme en cas de démission, d’incapacité permanente pour raison de santé d’exercer les attributions qui lui incombent, ou de destitution » – ou de mort, donc – précise la constitution, mais seulement pour une durée de 90 jours.

Durant ces trois mois devra être organisée une élection pour élire le nouveau chef de l’État.Vladimir Poutine, portrait d’un président russe implacableQuel que soit le cas de figure, le pouvoir reviendrait donc temporairement à Mikhaïl Michoustine, Premier ministre depuis janvier 2020.

Ce technocrate de 56 ans, ancien responsable des impôts, « ne fait pas partie du bloc des ‘militaires’, mais du bloc des ‘gestionnaires’, estime sur Twitter Anna Colin Lebedev, enseignante-chercheuse en sciences politiques.

Inconnu du grand public avant son accession au poste de Premier ministre, il bénéficie d’une belle popularité, continue la spécialiste des espaces post-soviétiques, mais cela n’en fait pas pour autant le favori à la succession.

D’autant plus que Mikhaïl Michoustine est « considéré dans les milieux politiques comme un personnage fade et impuissant, sans grandes ambitions », ajoute The Daily Mirror.

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Rien ne pourrait changer avec les « favoris »Vladimir Poutine pourrait par ailleurs désigner un successeur, auquel cas « il indiquerait probablement qui est selon lui la personne la plus habilitée à maintenir le cours des choses, à assurer la stabilité du pays », estime Aude Merlin, chargée de cours à l’Université libre de Bruxelles et spécialiste de la Russie, au quotidien La Libre.

« Étant donné la façon dont sont organisées les élections en Russie, avec beaucoup de guillemets autour du mot ‘élections’, on peut imaginer que la population russe suivrait en partie ».

Au début du mois de mai, lorsque General SVR, prétendument dirigée par un ancien haut responsable du renseignement extérieur russe, avait annoncé l’opération prochaine de Vladimir Poutine pour une forme non spécifiée de cancer, le propriétaire de la chaîne Telegram avait évoqué son remplacement par Nikolaï Patrouchev, actuel chef du Conseil de sécurité de la police fédérale russe.

Ce nom est régulièrement mentionné aux côtés de celui de Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, pour les potentiels successeurs « naturels » de Vladimir Poutine – ces deux hommes, très proches de l’actuel chef du Kremlin, auraient été parmi les premiers à être mis dans la confidence de l’intention de lancer une offensive en Ukraine, soulève Slate.

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