Plusieurs réfugiés congolais en Ouganda vivent dans des conditions très criques

La réponse humanitaire est mise à rude épreuve en Ouganda, où les réfugiés congolais et sud-soudanais affluent pour chercher la sécurité, a alerté ce vendredi 9 septembre l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Cette agence du système de l’ONU relève que ce nouvel afflux d’exilés provoque des « besoins énormes » et une « urgence silencieuse ».

Kisoro, dans le sud-ouest de l’Ouganda, a reçu la plupart de nouveaux arrivants en provenance de la RDC.Au centre de transit de Nyakabande, les réfugiés – en grande majorité des femmes et des enfants – sont confrontés à des conditions inférieures aux normes et à la promiscuité qui les exposent à des risques, notamment à la violence sexiste.

Face à l’augmentation des besoins humanitaires pour 96.000 réfugiés qui ont fui vers l’Ouganda depuis le début de l’année, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a besoin d’urgence de 68 millions de dollars, indique le communiqué du HCR.

À la fin du mois d’août dernier, le HCR n’avait reçu que 38% de son besoin de financement pour 2022, soit 343 millions USD, pour répondre aux besoins des réfugiés en Ouganda.

« Les progrès importants réalisés par les réfugiés en matière d’autonomie et d’inclusion économique sont aujourd’hui menacés par le grave sous-financement des opérations du HCR dans le pays », a déclaré dans une conférence de presse de l’ONU à Genève, Matthew Crentsil, Représentant du HCR en Ouganda. Sur le terrain, ce déficit de financement a mis à rude épreuve la capacité du HCR à fournir un soutien essentiel.

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Il s’agit notamment de l’aide humanitaire de base, des services de protection de l’enfance, des services d’enregistrement des faits d’état civil et des moyens de subsistance.

D’une manière générale, les réfugiés voient une forte réduction de l’aide aux activités génératrices de revenus, y compris pour les intrants agricoles essentiels pour cultiver les terres allouées.

Face à ce déficit de fonds, le HCR note que les enfants, en particulier les filles, risquent fortement d’abandonner l’école. L’agence onusienne ne pourra pas payer les salaires des enseignants et les salles de classe déjà surchargées deviendront plus grandes.

Crainte d’une hausse de la malnutrition infantileLe HCR n’a pas également les moyens d’acheter de nouveaux stocks de médicaments pour les centres de santé, alors que les progrès dans la réduction de la mortalité infantile et maternelle vont régresser et que la malnutrition infantile va augmenter.

« Le HCR et ses partenaires ont besoin de contributions financières urgentes pour répondre aux besoins urgents des nouveaux arrivants en Ouganda, pour améliorer la capacité d’accueil et l’infrastructure de base des installations de réfugiés et pour donner la priorité au transfert des réfugiés vers des installations plus adaptées », a insisté M. Crentsil.

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